7 Jours
2010-12-10

Propriétaire de la compagnie Sunwing Airlines de jour, chanteur de jazz le soir, Colin Hunter n'est définitivement pas l'homme d'affaires typique, ou l'artiste conventionnel. Avec cinq albums sous la cravate (le quatrième, Timeless… Too, devrait être disponible à Montréal en février prochain), le crooner poursuit avec succès sa nouvelle «carrière» sur scène.
Ce week-end, le chanteur se produit à deux reprises au Upstairs Jazz Bar & Grill, au centre-ville de Montréal. On l'a rencontré quelques minutes avant son test de son (il a même écourté une de ses réponses pour aller chanter avec ses quatre musiciens). Originaire de l'Inde, Colin Hunter a déménagé à Toronto en 1970. «C'est là que j'ai atterri et j'y suis resté», dit ce grand-père de sept petits-enfants.
Plus de temps pour chanter
Ayant fondé la compagnie Sunwing en 2000 (qui allait également devenir Sunwing Airlines quelques années plus tard), le propriétaire est devenu crooner presque par hasard. «En 2005, on voulait faire une publicité pour la compagnie et certains ont dit en riant que je devrais chanter Come Fly With Me. Je les ai pris au mot et je suis allé en studio avec des musiciens. Puisque le minimum de temps pour les engager était de trois heures, on s'est mis à faire d'autres chansons et c'est comme ça qu'est né le premier album.»
Depuis, il se produit en spectacle un peu partout, principalement au Canada, mais également dans certains festivals de jazz. «Avant j'étais président de Sunwing et maintenant que je ne suis que le propriétaire, j'ai beaucoup plus de temps pour moi, dit-il. Je voyage plus , je chante plus. La vie est belle.»
Est-il fier de la compagnie qu'il a mise sur pied il y a dix ans? «Ç'a commencé à cinq millions et elle vaut maintenant un milliard, alors oui je suis fier», répond-il avec un sourire qui en dit long.
Homme d'affaires invétéré, Colin Hunter a profité de son statut privilégié pour faire connaître sa musique à travers sa compagnie. C'est ainsi que les voyageurs qui prennent un vol avec Sunwing Airlines ont la possibilité de syntoniser le canal 10 dans l'avion, un canal exclusivement dédié à la musique de Colin Hunter. «J'ai préparé un mélange de mes cinq albums, à la fois de la musique de big bang que de quartet.»
Les gens qui appellent chez Sunwing et qui sont mis en attente sur la ligne peuvent également entendre la musique de Colin Hunter. «Vous êtes partout!», lui lance-t-on. Et l'entrepreneur crooner, comme il se fait appeler, acquiesce.
La musique qu'il aime
Qu'est-ce que Colin Hunter aime de la musique jazz? «Pour moi, ce n'est pas du jazz. C'est juste la musique que j'aime. Et c'est arrivé qu'ils ont décidé d'appeler ça du jazz.» Parmi ses chanteurs préférés, il nomme Frank Sinatra, Dean Martin, Nat King Cole et Tony Bennett, de qui il reprend tous des chansons sur ses albums.
Avant de se lancer dans le jazz, Colin Hunter n'avait pas vraiment d'expérience de chant, ne s'étant jamais véritablement produit en public auparavant. «En fait, quand j'avais 14 ou 15 ans, on m'avait payé 15 roupies, ce qui fait environ 3 dollars, pour chanter deux chansons. C'était beaucoup d'argent à cette époque!»
Le chanteur-propriétaire ne se fait pas d'attentes pour les prochaines années. «Je vais y aller comme ça vient. Si les gens veulent continuer à entendre ma musique, je vais en faire.» Il n'a pas l'intention de se retirer de la compagnie Sunwing de sitôt. «Je suis le propriétaire majoritaire, il faut que je reste en place pour que ça reste dans la bonne voie.»